Aujourd’hui on a pour exercice en classe de francisation de chercher une publicité mensongère. Le professeur, il a commencé comme exemple avec son abonnement du gym Écofitness. Le prix promu sur le site web, il nous a montré à travers la projection sur le mur de la classe, est moins élevé que lequel il paie actuellement chaque mois. Son idée pour mettre à l’avant cet exercice c’est que la plupart de publicités des biens d’aujourd’hui sont suspectes et ne contiennent pas le « vrai » prix global, alors on ne doit pas y croire.
Pis on se sépare en 3-4 groupes de 2-3 personnes, pour faire une recherche sur Internet et présenter une telle publicité au choix.
Notre groupe, dont moi qui l’a fait majoritairement, a choisi de parler des publicités automobiles. On a trouvé un article intéressant qui ne contient pas seulement quelques publicités exemplaires—ceux qui comprennent l’objectif de l’exercice (le professeur veut juste que l’on énumère les informations pratiques sur la publicité, combien c’est promu de coûter la location ou l’abonnement vs. combien ça coûte globalement en réel après les taxes et les frais cachés)—mais aussi il mets en lumière un phénomène qui emporte récemment sur l’économie contemporain : la location à longue durée, ou LLD. Le dernière c’est ce qui me sauve de l’ennui du cours et du prof.
Pour l’industrie automobile, il s’agit des paiements réguliers, surtout mensuels, pour louer une voiture sans l’acheter à la fin du contrat. À qui cela sert ? Ce n’est pas ma question d’intérêt.
Ce qui m’intéresse, c’est le fait que, comme mentionné dans l’article, les entreprises n’évoquent plus le prix de vente brut d’une char dans les publicités. Plutôt, on souligne les loyers mensuels. Au lieu de l’achat complet ou du financement, vous payez seulement une portion de la valeur du véhicule qui est quant à elle divisée par le nombre de mois que vous voulez louer. La location, il y en a deux types : « location avec option d’achat » qui vous permettre de payer la portion restante (« valeur résiduelle ») pour devenir le/la propriétaire à la fin du contrat, ou « location à longue durée ».
Location longue durée. C’est maintenant trop compliqué pour moi à l’expliquer en fonction de sa réglementation et ses aspects économiques, dont incluent les mensualités, la durée, le kilométrage, ses frais et taux d’intérêt par rapport à ceux d’autres types de transaction automobile.
Pour ma part, s’il y a quelque chose que nous apprend cette tendance des publicités automobiles ainsi que la leçon de mon prof, c’est le mensonge du capitalisme. Le capitalisme est roué (rusé?).
Le stade du capitalisme avancé à travers qui sommes nous en train de vivre, il nous vend ce mensonge : la location est la détention. À ce moment de société moderne, nous louons plusieurs biens dans nos vies, des voitures, les immobiliers, aux services publiques, les divertissements. Chaque mois je paie le tiers du salaire pour ma chambre de colocation au propriétaire; je pourrais en continuer pendant plusieurs années, deux, cinq, une décennie, même toute ma vie, pourtant je ne serais jamais le propriétaire. Ma chambre, sans parler de l’appartement, ce coin de vie que je considère mon univers privé, c’est une illusion qu’elle soit la mienne, mais en fait c’est pas. Du jour au jour, je tape ma carte OPUS mensuelle sur le terminal dans le bus ou le métro nonchalamment, l’habitude quotidienne de confort offerte par le transport commun, mais en fait, cette transportation du point A au B, ce n’est pas la mienne. Mon mouvement actuel à travers de Montréal hormis en pied, c’est en fait du temps prêté par l’infrastructure métropolitaine. Mes abonnements au régime capitaliste-consumériste : Mon compte Netflix familiale partagé avec mes proches, mon profil Soundcloud plus étudiant, mon abonnement Amazon Prime, tous sont les « co-locations » de vie dans la société moderne que je me racine. Chaque service public et service du divertissement est une chambre d’accès qui nous permet de comprendre ce qui s’appelle un « sujet moderne » et de former le rapport sociale entre les tels sujets. Ensemble, ces « colocataires » comprennent une société de location à longue durée en entrant dans leur propre contrat socio-économique qui leur donne accès à ces chambres.
À l’inverse d’accès est l’inaccès, de l’autre côté des portes des chambres est celles et ceux qui sont laissé·es dehors, sans-abris, littéralement et figurativement. « Sans-abris » dans le contexte de cette société n’est pas juste d’avoir aucune toiture au-dessus de la tête, mais c’est aussi d’être interdit·e d’entrer dans le rapport social avec les autres à cause de son propre statut socio-économique.
« Métropolitique » se réveille sous forme d’une collection de récits au carrefour de la linguistique, de la critique sociale, et de l’itinéraire spatio-temporel propulsé par le transport collectif à Montréal (et ailleurs).