C’était un jeudi matin comme d’hab. En congé, je me trouve souvent d’aller de Mile-End au Concordia pour rejoindre un groupe d’écriture, probablement le seul moment où je peux prendre le temps de faire apparaître mes pensées au cours des semaines pour ce projet, Métropolitique. Dans le salon du groupe, on se rassemblerait autour d’une table longue à partir de 10h et d’abord en tour discuterait ce que chaque personne écrirait cette journée-là. Pis, on se lancerait dans nos propres projets sans arrêt pour environ 45 minutes, pis prendrait une pause et se discuterait nos progrès, et continuerait jusqu’à midi.
À mon arrivée, un ami que je connais depuis longtemps m’a posé une question sur les nouvelles du jour.
Il m’a demandé si j’avais saisi du nouveau changement de la loi d’immigration de la CAQ. Il s’était demandé aussi si je serais présent ce matin, au cas où je n’aurais pas envie d’y aller si j’en avais entendu parler.
Non, je lui ai dit. Quel changement ?
À la fin de la session d’écriture, je fouillais les journaux en ligne, page après page, quand elle m’est apparue, la gravité de la situation.
À travers de la nuit, une autre imprévisible mesure du gouvernement de la CAQ a fait surface. Le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, monsieur Jean-François Roberge, a annoncé de mettre en gel les deux programmes d’immigration permanente au Québec : le volet « Diplômés du Québec » du Programme de l’expérience québécoise et le Programme régulier des travailleurs qualifiés.
« Métropolitique » se réveille sous forme d’une collection de récits au carrefour de la linguistique, de la critique sociale, et de l’itinéraire spatio-temporel propulsé par le transport collectif à Montréal (et ailleurs).